mardi 28 juillet 2015

Quand je ferme les yeux ( Khalid EL Morabethi )



Quand je ferme les yeux,
Je le vois au milieu,
Toujours au milieu,
Un monsieur d’un seul œil,
Qui me regarde sévèrement en écrivant sur une feuille,
Il me parle, il me juge, il me condamne et il me frappe,
J’entends sa respiration, ses battements et je sens la douleur,
J’entends ses insultes, les coups-de-poing et de pied et je sens la douleur,
Même dans son jardin il me frappe, j’ai pris l’habitude de sentir aussi les fleurs,
Mélangées avec la douleur,
Mélangées avec ses frappes qui bloquent la lueur,
Qui bloquent l’eau de passer au cœur,
‘’Ayez pitié de lui. ‘’ Disent les fleurs.
‘’ Il est innocent !’’ dit le spectateur,
‘’ N’aie pas peur. ‘’ Dit la mère, la sirène, puis elle part en mer,
C’est beau la mer,
Il paraît que c’est immense et bleu,
Je rêve de devenir un marin, sage, bon et vieux.
Et aller sur l’île aux deux soleils,
C’est beau ce rêve,
C’est beau la mer.
Quand je ferme les yeux,
Je perds mon vocabulaire,
Je ne peux pas me défendre, je ne sais pas que faire,
Monsieur me jette par terre,
Monsieur m’écrase,
La douleur me chuchote ‘’ Patience ami. ‘’
Je sens l’odeur de la mer d’ici,
Ya Rab ! Crie-je.
Quand je ferme les yeux,
Je le vois,
Toujours en face de moi.

Khalid EL Morabethi

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2 commentaires:

  1. mais qui est donc ce tortionnaire?
    Alain

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  2. J'ai beaucoup aimé ce poème avec des images et des rêves très forts.
    J'aurais aimé en saisir tout le sens que l'auteur ne clarifie malheureusement pas dans l'incipit.
    Qui est ce monsieur? Le juge suprême (Ya Rab), le père, un tortionnaire?
    Que de désespoir dans cette douleur permanente au milieu de soi. avec les consolations de la nature, de la mère rêvée, de la mer...

    Quel est ce cauchemar si bien dit...

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