samedi 27 juin 2015

Absence , Absence , ( Khalid EL Morabethi )



Silence !
J’écris l’absence,
De ce point qui ne mettra jamais une fin,
Et le retour de quelqu’un, qui est loin,
Et la paix,
Et la lumière !
Sur la terre, sur mon ombre, sur l’océan noir,
Sur la terre, sur mes mains, sur l’arbre noir,
Sur la terre, sur mes doigts, sur la chaise noire,
L’absence,
De ce monsieur qui écrit le sens et part,
De ce monsieur qui rentre tard le soir,
Et dort tout simplement,
J’écris l’absence de ces rêves, malheureusement.
Silence !
Absence, absence,
De ce monsieur qui a des ailes, qui vole,
Et son sourire,
Et son regard qui peut tout dire,
Et son présent, et son futur,
J’écris le vide, j’écris sur ce mur dur,
J’écris le vide, j’écris sur …
Silence,
Un absent meurt,
D’autres résistent,
Certains existent,
Quelques-uns écrivent leur propre liste,
Et partent.
Silence ! J’écris L’absence,
D’un voisin fleuriste,
D’un autre plus près, un pianiste,
Et la vieille dame d’en face, qui chantait l’opéra … c’était triste,
C’était beau, c’était …
Admirable à écouter,
Admirable à voir, on ne pouvait rien ajouter.
Et puis J’écris, 
Absence, absence,
D’une voix,
D’un salut,
D’un livre qui aurait dû être lu.

Khalid EL Morabethi

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4 commentaires:

  1. Tout ce qui fut et ne reviendra jamais. C'est très beau, désespéré. J'aime ce poète mais son texte que je préfère c'est : Un silence poétique, aussi triste que celui-ci. En tout cas un excellent auteur, merci à toi
    bises
    marcelle

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  2. Un texte qui résonne en moi comme un cantique sur l'absence à laquelle nous sommes tous confrontés.
    Je ne sais pourquoi certains vers très simples comme celui-ci "Et la vieille dame d’en face, qui chantait l’opéra … c’était triste," me touche beaucoup.
    Quant à l'alternance de vers courts et de vers longs, elle donne du souffle à vos mots de même que les répétitions qui d'ordinaire alourdissent un poème.
    Beau texte que j'ai plaisir à relire.

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  3. Bonjour !

    ce texte m'a pris aux tripes, j'y lis un cri, une réclamation, une revendication à l'absent.
    Les répétitions sont comme ici pour moi comme des mantras qui accentuent l'émotion liée à l'absence.
    Écrire pour combler, écrire quoi qu'il arrive.
    Le dernier vers, je le prends comme une métaphore, comme celle de l'absence de celui qui n'a pu lire le livre d'une vie en devenir, peut-être, l'absence de celui qui a loupé une existence... et c'est à mon sens une très belle chute. Merci pour ce beau texte qui a du rythme et qui ne s'essouffle pas.

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  4. je trouve que votre texte est trop direct , cette absence lancinante et ces répétitions qui ressemblent à un chapelet je n'éprouve pas grand chose en lisant votre texte

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