mardi 19 mai 2015

Un silence poétique . ( Khalid EL Morabethi )



Un silence d’un vent, 
Un long silence du temps, 
Un rouge pourpre colore l’air,
Rien n’est clair,
Noir ! Dis-je.
La voisine d’à côté vient de mourir, 
Je l’ai vue hier planter des roses avec un sourire, 
Voilà qu’elle vient de partir.
La pluie tombe et les gouttes font un bruit étrange, 
Est-ce la tristesse ou la colère ?
D’un ciel spectateur ou la terre, 
Cette terre qui ne peut plus, 
Qu’on ne la mérite plus.
Un silence blanc,
Qui contemple les fleurs orphelines,
Un silence d’espoir qui essaie d’illuminer leurs racines,
Un rythme long,
Une forte respiration qui s’entend,
Je m’assois et je dis que je serai le suivant, il faut que j’attende,
Je partirai bientôt de ce monde.
Vois-tu, je sais qu’il m’attend, je sais qu’il m’entend
Un silence beau, 
Face à ce corbeau, 
Un corbeau rongé par la tristesse et qui pleure, 
Le soleil perd sa lueur, 
Et meurt, afin de laisser place à la lune, 
Meurt poétiquement au bout de la dune.
Espoir regarde le ciel, pour faire pitié peut-être,
Il regarde ce ciel en deuil qui a besoin de sa prière, peut-être,
Espoir pensif ne ferme pas ses yeux,
Même si ces chefs-d ‘œuvre tombent en feu,
Même s'il a perdu son combat,
Même si les cœurs fabriqués en papier ne battent pas,
Même si les regards sont vides,
Même si la patience affaiblit et commence à avoir des rides,
Un espoir silencieux, assis,
Face aux débris,
Face à la vie,
Une vie,
Pathétique,
Tragique,
Poétique.
Un silence, 
En face de moi, le corbeau danse autour d’un trou immense.

Khalid EL Morabethi

Tous droits réservés

5 commentaires:

  1. J'aime beaucoup ce côté création dans ce poème.
    Il est très personnel et sincère.
    C'est une grande chose quand on sait exprimer
    les pensées qui viennent du cœur!

    Amitié! Patrick

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  2. lorsque j'ai lu ton poème il faut croire que ton cœur avait ces si beaux mots tendres et sincères et je suis doublement charmer

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  3. Superbe ce poème ou la mort côtoie la vie, ou l'espace d'un moment notre présence est vivante et que l'instant d'après sans être attendu la mort silencieusement prend la place de la vie... quelle sournoise que cette dernière qui surprend au tournant...

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  4. La vie et la mort se côtoient , nous devons l'accepter . Mais le temps que nous sommes sur la terre essayons de vivre cette vie du mieux que l'on puisse . Il y a tant de belles choses et tant de bons moments A nous de faire de cette vie , notre Eden
    Belle poésie venant du coeur
    Merci
    Amitiés
    Blanche

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  5. J'aime la "gradation" qui, du décès d'une voisine entraîne le lecteur dans des pensées plus vastes et des interrogations sur la vie et la mort.

    Un silence d’un vent,
    Un long silence du temps,
    Un rouge pourpre colore l’air,
    Un silence de vent ou un silence du vent me semblerait mieux que "d'un vent", un vent étant un vent parmi d'autres vents.

    Est-ce la tristesse ou la colère ?
    D’un ciel spectateur ou la terre,
    Cette terre qui ne peut plus,
    Qu’on ne la mérite plus.
    Les quatre vers font partie de l'interrogation : le point devrait être au 4e vers.

    Un silence beau,
    Face à ce corbeau,
    Un corbeau rongé par la tristesse et qui pleure,
    En première lecture, l'image du corbeau m'a surprise mais il est vrai qu'il n'est pas seulement un oiseau de mauvaise augure, il est aussi considéré dans sa symbolique comme un passeur, un guide, un esprit protecteur. Ce que confirme la suite du texte qui aborde la notion d'espoir.

    Espoir regarde le ciel, pour faire pitié peut-être,
    Il regarde ce ciel en deuil qui a besoin de sa prière, peut-être,
    J'ai du mal à bien comprendre ce passage.
    Espoir regarde le ciel : est-ce "l'espoir est en train de regarder le ciel" ou est-ce "espoir, il faut que tu regardes le ciel " ?
    Si c'est le premier sens, dans le 2e vers, il est l'espoir.
    Si c'est le deuxième sens, il représente le personnage du texte.
    Même remarque pour ces deux autres vers :
    Espoir pensif ne ferme pas ses yeux,
    Même s'il a perdu son combat,
    J'aurais tendance à privilégier le premier sens. Si c'est bien celui-là, il serait serait mieux d'écrire "L'espoir regarde le ciel, pour faire pitié peut-être," et "L'espoir pensif ne ferme pas ses yeux,".

    C'est un texte intéressant qui, à mon avis, a besoin de quelques modifications.

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