mardi 11 avril 2017

Immeuble ( Khalid EL Morabethi )


Je suis un immeuble, on me frappe pour être heureux.  

-Je ne suis pas désolé -

Je ne suis pas désolé. Il existe un homme sourd mais il peut écouter la pluie quand elle tombe. L’homme vit  dans une chambre, dans l’immeuble. Je ne suis pas désolé

Les doigts coupent les doigts. Je suis un doigt qui pèse cent kilos. Je ne suis pas désolé. Je suis un doigt dans un immeuble, dans une chambre, au-dessus du bureau. Je suis un doigt qui connaît son visage. Je ne suis pas aveugle, je sors des sons qui pèsent cent kilos et plus, et j’entends le doigt qui bat à l’intérieur. Les doigts coupent les doigts, les doigts mangent les doigts, des doigts enceintes, des doigts font des doigts. Les doigts ne sont pas désolés

-Je ne suis pas désolé -

Les cafards ne savent pas nager. Il n y a pas assez d’eau dans mes poumons. Je ne suis pas désolé. Les cafards vont crever, ils ne savent pas nager, ils ne peuvent pas respirer, il n y a pas assez d’air. Je ne suis pas désolé. Ça ne changera rien si je coupe mes doigts

Il y’a des ombres dans une chambre, dans l’immeuble, ils attendent que les cafards deviennent vides pour qu’ils les hantent. Ils ne sont pas désolés

-Je suis un immeuble, on me frappe -

On me frappe. J’avale les bâtons. On me frappe. J’avale mes doigts. On me frappe. J’avale ma menace. On me frappe. J’avale l’immeuble. Je suis un immeuble. On me frappe. Je ne suis pas désolé. J’avale un taureau en or. J’avale des graines pour qu’elles poussent à l’intérieur de l’immeuble. On me frappe. Je ne suis pas désolé. J’avale des couteaux. On me frappe pour. Je ne suis pas désolé. On me frappe pour

J’avale mes yeux et je vois le système nerveux qui avale des doigts et je vois des doigts vivants, qui attendent  et je vois un dinosaure sourd mais il peut écouter la pluie quand elle tombe et je vois ma peau et je vois tout ce qui va sortir par la bouche et je vois tout ce qui va sortir de l’immeuble. Je ne suis pas désolé. On me frappe pour. J’avale. Et je vois ce qui sera invisible quand il va sortir. Je vois un invisible. On me frappe pour. J’avale. Je ne suis pas désolé. Je suis un immeuble

-Une caisse-

Je vois une caisse. J’avale une caisse. Je suis un immeuble. On me frappe pour.
Je vois une caisse. J’entre dans la caisse. Et je vois. On me frappe pour.  

Je vois une caisse. On me frappe pour écrire un meurtre ou juste pour que je dorme. Je ne suis pas désolé. On me frappe. J’avale les raisons. J’avale mon visage. Je suis un immeuble. Je vois un autre visage dans mon ventre. J’avale. On me frappe. Il existe un homme sourd dans l’immeuble, dans la chambre. On me frappe. Je suis une caisse

-La lumière –

J’avale les murs et je laisse une image, je la mets dehors, il faut qu’elle reste dans la lumière

Je ne suis pas désolé. On me frappe pour.  On me frappe à cause. On me frappe à cause des cafards, ou juste pour que je dorme. J’avale les causes. L’immeuble vit. L’immeuble respire. On frappe l’immeuble

Je vois une caisse. J’avale les bâtons. Je vois des points noirs. On me frappe pour que je dorme ou peut-être pour que je voie la lumière

J’avale des rêves. Je suis un immeuble. Il existe une lumière dans l’immeuble, dans une chambre, dans une caisse, au fond de mes doigts

-Je vois -

Je vois la lumière dans la viande. Je vois la lumière dans les yeux des cafards au moment de leurs morts. Je ne suis pas désolé. On me frappe. Je vois des cranes. Je vois des bâtons en bois. Je vois une vache jaune. Je vois des organes. Je vois un invisible. Je vois la personne qui n’est pas désolée. Je ne suis pas désolé. Je vois ce qui me donne des coups de points. Il n’est pas désolé. Je vois. On me frappe. Je vois un homme parfait. Qu’est-ce que je fais ? Je vois ce que je fais. Je vois un médecin qui étrangle les cafards, il ne veut pas les voir souffrir. Je ne suis pas désolé. Je vois des cheveux. Je vois un homme parfait dans l’eau. Il n’est pas désolé. Il sait nager. Je vois la lumière dans l’eau. L’homme est un poisson. On me frappe pour. Je vois 

On me frappe pour
Je ne suis pas désolé
Je suis un immeuble
On me frappe
Pour que je vois la lumière
Pour que je dorme

Pour que je dorme

On me frappe pour que je dorme  

Ça ne me fait pas mal. On me frappe.


Pour que je dorme




Khalid EL Morabethi

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vendredi 31 mars 2017

23 02 ( Khalid EL Morabethi )


H

Vingt-trois, zéro deux. Les yeux de la daronne de quelqu’un et du hibou aux yeux bleus. Vingt-trois, zéro deux. Les yeux de H, habillé en noir et du hibou aux yeux bleus. Vingt-trois, zéro deux. Quelqu’un vit dans un carton, il respire, il n’a pas le droit de parler, il est en train de penser.

Vingt-trois, zéro deux. Mon hibou est assis dans mon propre canapé, en train d’improviser, en train de créer une image, en train de regarder mes yeux, il les trouve beaux, ça lui rappelle, ça lui rappelle, ça lui rappelle sa soif, son visage, son enfance, ça lui rappelle ses marches, son prénom, ça lui rappelle, ça lui rappelle une porte, ça lui rappelle la cuisine, ça lui rappelle un sourire, ça lui rappelle les yeux d’un ange, ça lui rappelle une tombe ou y a écrit « à Dieu mon ange ». Ça lui rappelle.

Vingt-trois, zéro deux. Un H qui brule les neurones, qui pèse des tonnes, qui dessine un Satan, qui dessine un bâton et des maudites fleurs de merde au jardin, juste pour ne pas dire que c’est beau. Un H qui brûle, H voudrait brûler le jardin, il voudrait brûler le carton, brûler l’air dans le carton, brûler ce qui est collé au crâne pour laisser vivre ce qui est à l’intérieur.

Vingt-trois, zéro deux. Mon hibou me regarde, parfois on passe une soirée tout entière à se regarder dans les yeux, sans rien dire, juste un sourire. H, aime mon sourire, ça lui rappelle un hall de gare, ça lui rappelle une phrase de sa daronne « J’aurais dû te tuer, mais c’était trop tard » H, avait un cœur blanc.

Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle les frappes, ça lui rappelle le soleil rouge, ça lui rappelle le sang rouge, ça lui rappelle, ça lui rappelle des fleurs rouges, ils en avaient partout, ça lui rappelle ses larmes, elles en avaient partout. Ça lui rappelle.

Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle la réponse de sa question « Tu es un monstre »

Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle la réponse de sa question « brûle tout »

Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle sa fatigue.

H, s’assoit, il a faim, je vais lui faire à manger.  


H, Haine, Hibou, J’aime la Haine. 




Khalid EL Morabethi

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jeudi 16 février 2017

Tigre, tigre ( Khalid EL Morabethi )


Tigre, tigre, l’enfant vend  son âme au tigre.

Tigre, tigre, le cœur du tigre.

Tigre, tigre, un cœur qui bat bien trop fort.

Tigre, tigre, la vengeance du tigre.

Tigre, tigre, sentir l’acide sulfurique à la place du sang. Sentir le tigre.

L’enfant vit, parce que tigre vit.

Tigre, tigre, le regard du tigre.

L’enfant vit, parce que tigre vit.

Parce que tigre vit. Au fond. Tout au fond. Tout autour. Au-dessous. Au-dessus. À l’intérieur. Près du cœur. Près du monsieur. Près d’un autre. Près  du narrateur. Près d’un tueur. Près d’une confession. Près d’un innocent. Au fond. Tout au fond. Parce que tigre vit.

Tigre, tigre, l’enfant est handicapé, tigre, tigre, brûlant, brûlant, la flamme rouge du tigre rouge bloque ses muscles, la flamme rouge du tigre rouge bloque ses pensées, la flamme rouge du tigre rouge brûle la fleur plantée au milieu du lit, la flamme rouge du tigre rouge pourrit les murs de la chambre. La flamme.  La flamme rouge du tigre rouge. Parce que tigre vit.

Tigre, tigre, la gorge du tigre.

Tigre, tigre, la gorge serrée de l’enfant, du tigre enfant, de l’enfant tigre, de l’enfant.

Parce que tigre vit.

Tigre, tigre, l’enfant aura l’âge d’un dinosaure et il pèsera cent kilos.

Tigre, tigre, l’enfant vendra son âme et son stylo.

L’enfant pense qu’un traitre tombera amoureux de lui.

L’enfant pense, parce que tigre pense.

L’enfant pense que le ciel tombera amoureux et partira.

L’enfant pense, parce qu’il faut penser, parce que tigre pense.

L’enfant pense que ses cheveux tomberont amoureux un jour et finiront par partir avec le vent.

L’enfant pense qu’il faut beaucoup de cadavres de voitures.

L’enfant pense qu’il faut beaucoup de cadavres d’humains.

L’enfant pense qu’il faut beaucoup de sens.

Parce que tigre vit.

Parce que tigre pense.

Parce que tigre vit, parce que tigre pense, parce qu’un jour, tigre dansait autour du feu et tout à coup, il avait compris le sens.

L’enfant pense.

Tigre, tigre, le sens du tigre. Le sens de cette partie humaine de l’enfant. Le sens de cet humain caché derrière la crâne du tigre. L’enfant pense.

Parce que tigre pense.

Tigre, tigre. Vomir l’âme.

Tigre, tigre. Revendre l’âme.   

Tigre, tigre. La peur du tigre.

Tigre, tigre. Le visage.

Le visage de l’enfant. L’enfant tigre, tigre enfant. Du tigre. De l’enfant.

Tigre, tigre.

L’enfant regardait ses mains pour ne pas se regarder.

Tigre. Le miroir.

Le cri de quelqu’un.

L’enfant vend son âme, meurt, revit, parce que tigre vit. Parce que tigre pense.

L’enfant pense qu’il est à l’extérieur et que tigre est à l’intérieur.

L’enfant pense qu’il faut beaucoup de pierres, qu’il faut manger beaucoup de pierres, pour que ses os se cassent, pour qu’il pèse trois cent kilos, pour que ses jambes deviennent lourdes,  pour que son âme tombe et tout vendre. Il faut beaucoup de sens, il faut beaucoup de pierres. Tigre pense.

Tigre. L’enfant est beau.

Tigre. L’enfant pense qu’il faut beaucoup de griffures sur le corps.

L’enfant pense qu’il faut beaucoup de griffures sur son dos.

L’enfant pense qu’il faut planter un pommier au milieu.

L’enfant pense qu’il faut un dialogue.

L’enfant pense. Tigre, tigre. Dialogue. L’enfant.

L’enfant pense qu’il ne faut pas dormir, qu’il faut que quelqu’un l’empêche de dormir.

Tigre, tigre. Dormir n’a aucun sens.

L’enfant pense qu’il faut beaucoup de mouchoirs.

L’enfant pense, parce que tigre pense.

L’enfant pense qu’il faut beaucoup de mouchoirs. Tigre pense qu’il faut beaucoup de mouchoirs, noirs. L’enfant pense qu’il faut beaucoup de mouchoirs, noirs. Tigre pense qu’il faut avoir des ongles noirs.

Il faut beaucoup de sens.

L’enfant vit, parce que tigre vit.

L’enfant pense.

L’enfant joue.

L’enfant pense qu’il faut se pendre.

L’enfant pense qu’il faut avoir un beau pommier.

Tigre, tigre. L’enfant pense qu’il faut avoir un prénom.

L’enfant pense.

Tigre.

L’enfant.

La corde.



Khalid EL Morabethi

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mardi 17 janvier 2017

Sept ( Khalid EL Morabethi )


Sept, me maudire oui. Sept, rester insomniaque jusqu’à la fin de ce truc vivant, jusqu’à son prochain appel. Sept, me maudire oui. Sept, le fil. Sept, l’enfer. Sept, les cent kilos. Sept, je collectionne les syllabes. Sept, fantôme. Sept, les neurones agissent seul. Sept, me maudire oui. Sept, la cheville droite tombe. Sept, la langue meurt. Sept, les esprits reprennent leurs chuchotements. Sept, me maudire oui. Sept, je souris, me maudire oui. Sept, je dois vivre ce moment. Sept, me maudire oui, je dois vivre en ce moment. Sept, mon regard. Sept, le grand regard. Sept, j’ose bouger. Sept, quelque chose suit son cours, me maudire oui, quelque chose suit son cours. Sept, le souffle. Sept, me pendre oui, me maudire oui. Sept, des cadavres. Sept, des cadavres dans mon petit placard. Sept, mon cerveau. Sept, me maudire oui, mon cerveau s’agite, le cerveau accroché à ma gorge s’agite. Sept, le courant. Sept, me pendre oui. Sept, me pendre dans mon petit placard, oui, me maudire oui. Sept, je souris. Sept, la porte. Sept, l’évasion. Sept, des complices. Sept, les complices mangent ma viande. Sept, j’écoute mon cerveau. Sept, un son sort. Sept, me maudire oui, le son sort de mon cerveau. Sept, me pendre oui, ça m’aiderait à faire sortir une syllabe de mon cerveau. Sept, me maudire oui, tenir le rôle, cracher, tenir le rôle, me maudire, vomir dans la salle de bain, me pendre oui. Sept, je ferme la porte. Sept, je me suis enfermé dans la répétition, me maudire oui. Sept, la corde, l’envie d’une corde. Sept, je regarde le mur. Sept, quand je regarde le mur, je dis que c’est un mur, un grand mur, mon mur, mon cerveau. Sept, je touche le mur, je ne sais pas dans quelle maison, ce n’est peut-être pas mon mur, mais voilà, je suis debout, je touche le mur, c’est magnifique, je me sens bien, je ne suis pas seul, il y a un homme habillé en robe longue, il est calme, il m’observe, je touche le mur, je suis heureux, je touche le mur. Sept, me maudire oui, la maudite syllabe, me pendre oui. Sept, ma peau. Sept, outsider. Sept, manger. Sept, remplir le vide du ventre. Sept, manger et ramasser les organes. Sept, cent sept kilos. Sept, me maudire oui, les yeux sur un ramassis de syllabes, sur des points et des virgules, me pendre oui, sur un nombre, sur un membre absent. Sept, j’adore faire saigner ma tête en me frappant contre un mur, je touche le mur, me maudire oui. Sept, je suis un mur, me pendre oui. Sept, un mur dans mon cerveau, des vaches dans mon cerveau, un ange dans mon cerveau, diable, diable, diable sous forme d’un rat dans mon cerveau. Sept, mierda. Sept, mierda dans mon corps. Sept, mierda, me pendre, une chose mille fois répétée, me pendre oui. Sept, je mange, comme quatre, sans jamais me remplir, me maudire, cent sept kilos, me pendre oui, je n’ai plus froid, je suis un vampire, me maudire oui, je touche le mur, je suis un mur. Sept, je touche le mur d’une maison qui n’est pas la mienne, je suis un vide sidéral, j’avale. Sept, j’avale tout. Sept, une citrouille me sourit, je souris, me maudire oui, me pendre. Sept, tenir le rôle, toucher le mur, sourire, vomir, me pendre, me maudire, tenir le rôle, avoir trois cent kilos. Sept, la pluie. Sept, la pluie tombe dans mon cerveau, les fenêtres de mon cerveau sont fermées, les volets sont baissés, outsider, la lumière fait peur, outsider, me maudire oui. Sept, je touche la pluie, je touche mon cerveau, je touche la pluie, je dessine la pluie. Sept, la pluie est belle, les gouttes ruisselaient le long de ma gorge, le long de mon cerveau, le long, long, le long de mon cerveau dé-vas-té. Sept, des vases de fleurs. Sept, des vases té-ténébreuses. Sept, je touche mon cerveau DE-VAS-TE-ténébreux. Sept, je dois vivre en ce moment. Sept, je touche le mur, le sien, l’homme habillé en femme, une longue robe, il me suit du regard et envisage un début de conversation, me maudire oui, me pendre oui. Sept, mon cerveau sur le carrelage, ma tronche sur le carrelage, les étoiles filantes sur le carrelage. Sept, il y a une fleur à côté du cerveau qui me regarde tendrement. Sept, outsider, me maudire, me pendre oui, mon cerveau fait des bonds. Sept, neurones. Sept, les poumons. Sept, la cheville gauche tombe. Sept, je touche. Sept, syllabe. Sept, une cicatrice. Sept, une cicatrice sur le bras. Sept, une cicatrice au cerveau, sur la fleur planté à côté du cerveau. Sept, je touche la cicatrice. Sept, une cicatrice écrite sur le mur, son mur. Sept, me maudire, le maudire oui. Sept, des phrases insipides. Sept, le hasard. Sept, des phrases hasardeuses. Sept, rester insomniaque jusqu’à son prochain appel. Sept, je touche le mur, me maudire oui, je parle avec le mur, je parle de la rivière, je dessine une petite rivière et de ce qui va se passer si je traverse la petite rivière, je touche mon dessin, je touche le mur, me pendre oui, je touche la rivière, mon cerveau touche la couleur de la rivière. Sept, il y a une petite rivière dans mon cerveau. Sept, me maudire, belle rivière, je touche le mur, beau mur. Sept, je dois vivre en ce moment, me pendre, je souris. Sept, la grande syllabe, la maudire oui. Sept, je touche son mur, son cerveau, le maudire, je redis, le maudire oui. Sept, quatre cent kilos. Sept, outsider, maudire le mur, maudire la rivière, maudire le cerveau, maudire l’homme, me maudire, je souris, me maudire oui. Sept, le muscle. Sept, le muscle répétitif se suicide dans mon ventre, je l’admire. Sept, j’admire mon muscle, je touche le muscle, je souris, l’homme habillé en femme, m’observe, il sourit, il m’admire. Sept, le placard bouge. Sept, maudire les cadavres dans mon petit placard. Sept, maudire les poissons rouges qui touchent mon cerveau. Sept, maudire les poissons rouges qui touche ma cicatrice. Sept, il y a des poissons rouges dans mon cerveau, ils parlent dans mon cerveau, ils nagent dans mon cerveau, ils touchent la syllabe. Sept, les poissons rouges touchent le mur. Sept, il y a un cerveau dans ma gorge, des poissons dans ma gorges, des poissons qui vomissent dans ma gorge, me maudire oui. Sept, je suis un poisson. Sept, je suis un poisson qui nage dans une rivière, ma rivière, me maudire oui, la rivière dessinée sur un mur, me pendre oui. Sept, il y a un placard dans mon cerveau. Sept, je vois des cadavres dans mon cerveau. Sept, me prendre oui, maudire, pendre, sourire, maudire, tenir. Sept, les neurones du singe. Sept, les neurones, maudire les neurones, qu’ils se pendent oui. Sept, maudire les numéros. Sept, la syllabe, qu’elle se pende oui, la syllabe cachée derrière ma gorge, derrière la fleur ténébreuse, derrière mon cerveau, qu’elle se pende oui. Sept, il m’observe, il m’admire, l’homme me sourit. Sept, je touche le mur, c’est l’histoire, me maudire oui, c’est l’histoire d’un mur, me pendre oui, faut que je touche le mur, c’est mon rôle, me maudire oui, tenir le rôle, je touche le mur. Sept, tenir le rôle et rester insomniaque jusqu’à la fin de ce truc. Sept, vivant. Sept, l’appel. Sept, le prochain appel. Sept, le rôle. Sept, le grand rôle. Sept, je suis un placard. Sept, je suis des cadavres. Sept, maudire l’odeur du placard. Sept, je touche. Sept, je touche le mur, maudite main, qu’elle se pende. Sept, je dois vivre en ce moment, je dois toucher le mur. Sept, mon cerveau ne peux rien dire, je touche le mur, je ne comprends pas, mon cerveau ne dit rien, l’homme m’observe, je touche le mur, me maudire oui, je ne pose pas de questions, me pendre le soir, la lune sourit, mon cerveau ne me dit rien, je ne pose pas de questions, je touche. Sept, je touche le mur jusqu’à la fin de ce truc vivant. Sept.

Khalid EL Morabethi

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mardi 13 décembre 2016

Pierre ( Khalid EL Morabethi )


Pierre, la merde vient du ventre. Pierre, la logique vient du ventrePierre, les troubles psychotiques viennent du ventre. Pierre, la logique du dibbouk vient du ventre. Pierre, la pluie se trouve dans le ventre. Pierre, les traits verticaux viennent du ventre. Pierre, les ronces viennent du ventre. Pierre, les doigts malades viennent du ventre. Pierre, les griffes viennent du ventre. Pierre, les ongles larges viennent du ventre. Pierre, les gorges viennent du ventrePierre, les falaises se trouvent dans le ventre. Pierre, le poisson dans le ventrePierre, le poison dans le ventre. Pierre le poison du poisson se trouve dans le ventre. Pierre, la logique du poisson se trouve dans le ventre. Pierre, les œufs durs viennent du ventre. Pierre, les œufs pourris viennent du ventrePierre, monsieur vient du ventrePierre, il est né, il fait chaud, il marche, il se met à côté, il se met dans le ventrePierre, l’animal se trouve dans le ventrePierre, le cœur se trouve dans le ventre. Pierre, le chien mord dans le ventre. Pierre, le cœur du chien se trouve dans le ventre. Pierre, le jardin se trouve dans le ventre. Pierre, le bleu se trouve dans le ventre. Pierre, le ciel se trouve dans le ventrePierre, le ciel dans le ventrePierre, le ciel se met dans le ventre. Pierre, le ciel, le ventre. Pierre, le ciel est beau dans le ventre. Pierre, le vide, le ciel, le ventre, le vide se trouve dans le ventrePierre, la logique du vide se trouve dans le ventre. Pierre, le goût du dibbouk se trouve dans le ventrePierre, la violence vient du ventrePierre, la viande vient du ventrePierre, la viande pourrie vient du ventrePierre, ce n’est pas facile, le ventre. Pierre, la chaise se trouve dans le ventre. Pierre, il y a quoi à regarder ? Le ventrePierre, les cris viennent du ventrePierre, la logique des cris vient du ventre. Pierre, le silence, c’est quoi le silence ? Le silence vient du ventrePierre, les phrases se trouvent dans le ventre. Pierre, La combinaison vient du ventrePierre, la raison vient du ventre. Pierre, l’oxygène vient du ventrePierre, la mouche vient du ventrePierre, la logique de la mouche vient du ventrePierre, le cœur de la mouche se trouve dans le ventrePierre, la mouche touche le ventre, la mouche se trouve dans le ventrePierre, le choix vient du ventre. Pierre, le dibbouk se trouve dans le ventre. Pierre, l’arbre vient du ventre. Pierre, la logique de l’arbre est de pousser dans le ventre. Pierre, le corps vient du ventrePierre, l’arbre se trouve dans le ventrePierre, le muscle vient du ventrePierre, les troubles psychotiques du dragon viennent du ventrePierre, la pierre vient du ventrePierre, la logique de la pierre vient du ventrePierre, la fenêtre de la cuisine vient du ventrePierre, la lumière se trouve dans le ventrePierre, la lumière de la cuisine vient du ventre. Pierre, la pierre est solide dans le ventrePierre, dans le ventre. Pierre

Khalid EL Morabethi

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samedi 5 novembre 2016

Muscle ( Khalid EL Morabethi )


Muscle, je tourne mes yeux dans ma tête et je vois un muscle, je vois un cœur dedans le muscle, je vois une route familière et un animal autre que moi, je vois ce qui couche en moi. Muscle, je tourne une idée dans ma tête et je vois des veines grise dans le sous-bois, assises, bavardes et qui attendaient l’intraveineuse, muscle, mon muscle, les nerfs, l’origine de la peste, l’origine d’un sentiment drôle, l’origine de la répétition, muscle, je tourne mes yeux dans ma tête, je trouve des vêtements et, dedans, je vois la lumière qui entre dans le mur de la cuisine. Muscle, mon muscle, les nerfs, muscle, il me parle, il me chuchote à l’oreille, il me fait la musique à l’oreille, il plante une graine dans mon oreille, muscle, je tourne mes yeux dans ma tête, ce n’est pas du néant et ce n’est pas non plus le silence, c’est de la trompette, muscle, ma langue est lourde, les nerfs, la trompette, l’origine de la peste, l’origine de la sécheresse, l’origine de ma première prononciation du mot « muscle », ma langue est lourde, je vois mes jambes, je sens la poussière et les nuages dans ma gorge, je sens la boue et les plumes d’oiseau dans ma gorge, je sens ma violence et les branches sèches dans ma gorge, je sens ces phrases, ses phrases dans ma gorge, muscle, je sens chaque criminel de moi, chaque battement de mon cœur quand le mot « muscle » sort de ma bouche. Muscle, je ne vois pas avec mes yeux, ils me font mal, mes yeux tournent dans ma tête, la méduse m’incite à tourner à gauche à l’entrée d’un cerveau blanc, tremblant, pour voir une colline qui s’élève à environ quelques mètres au-dessous d’une pensée disloquée … Muscle, je vois ce qui couche en moi, il se coupe, il se couche, il touche la graine au milieu du cerveau blanc, mes yeux tournent dans ma tête et je vois ce qui se forme, une queue, des ailes, des muscles, des os, dragon, je suis un dragon, muscle, je tourne mes yeux dans ma tête, nu, le visage qui mue, muscle, je porte le muscle, je porte le dragon dans mon ventre, ma tête ressemble à un dragon, dans le miroir je vois un dragon, muscle du dragon, muscle, le dragon, je le vois prendre ma main pour écrire, je ne vois pas avec mes yeux, ce ne sont pas mes battements, je ne sens plus mes jambes mais je les vois, je vois ce qui couche en moi, il a une belle voix si proche à mon ouïe, il a une belle voix, je ne sens presque plus ma gorge, c’est la gorge du dragon, mes poumons me font mal, mes poumons reçoivent l’air du dragon, muscle, je tourne mes yeux dans ma tête, le regard du dragon trouve dans mon corps un refuge, grand dragon qui porte mon simple muscle, l’origine du cœur, l’origine de la peste, l’origine de l’oxygène, je vois un muscle, je vois un cœur dedans le muscle, je vois une route familière, je vois ce qui couche en moi, dragon, dragon, muscle, le dragon couche en moi, me chuchote à l’oreille, muscle, dragon me chante à l’oreille …


y que gime''

-Raphael 


M

U

S

C

L

E

D

U

D

R

A

G

O

N

Khalid EL Morabethi

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mardi 4 octobre 2016

Bouddha ( Khalid EL Morabethi )


Bouddha sourit au gardien qui répète le même mot  dans sa tête mais ça ne sort pas,
Bouddha sourit au gardien qui retourne le même mot dans sa tête lente,
Lente, honte, chante, bouddha chante
Un bouddha qui a l’insomnie
Que diable, bouddha a un pistolet bien caché dans l’armoire, un corps écrasé bien caché dans l’armoire, du silence , de la peine, du sang, de la souffrance, du sens, du sommeil, de l’or , de l’argent,   des pleurs, une fleur qui se fane et meurt, du cancer et un gardien suicidaire
Bouddha ne fait qu’écrire, il ne ressent plus rien, il n’arrive pas à pleurer mais il sourit au gardien qui répète le même mot dans sa tête lente
Mais il sourit au gardien qui répète le même mot dans sa tête peuplée par des phrases cachées dans l’armoire et des images violentes
Bouddha s'oblige à sourire  
Bouddha s'oblige à écrire
Bouddha s'oblige à sourire au gardien qui répète le même maudit mot dans sa tête mais ça ne sort pas, Bordel…
Bouddha fait semblant qu’il est mourant pour que le gardien écoute ce qu’il dit, bouddha fait semblant qu’il est mourant pour que le gardien lise ce qu’il écrit
Bouddha s'oblige à sourire au gardien qui répète le même mot… bordel, ça ne sort pas !
Bouddha est un verbe
Bouddha est le présent
Bouddha a toujours raison
Bouddha est une rime
Bouddha est sans rythme
Bouddha ne met pas de points, faut lire tout simplement sans s’arrêter à un moment, sans interruption, faut que ça continue jusqu’à l’absence de tout ce bordel, jusqu’à l’absence, faut que ça continue comme un cœur de vengeance, faut que ça continue car ces minables minuscules points en costumes n’ont aucune importance, aucun sens
-          Il faut que ça continue
-          Jusqu’à quand ?
-          Jusqu’à l’absence d’une absence
Bouddha est un vocabulaire
Bouddha est un souvenir
Bouddha est une pensée
Bouddha est un torrent
Bouddha est un langage qui n’a pas mûri encore
Bouddha est une révélation
Bouddha sourit au gardien
Bouddha est une mémoire
Bouddha est un live
Bouddha est une sorte de Horla
Bouddha sourit au gardien
Bouddha est une couverture
Bouddha est une ouverture
-          Il faut que ça continue
-          Jusqu’à quand ?
-          Jusqu’à l’absence d’une absence
Bouddha sourit au gardien qui retourne le même mot dans sa tête lente
Lente
Bouddha est une étoile filante
lente

( PS : Ce bouddha n'est pas un Bouddha )

Khalid EL Morabethi

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dimanche 25 septembre 2016

M ( Khalid EL Morabethi )



M
Miroir, miroir, miroir regarde l’animal à trois têtes et qui a 5 doigts,
Il mange avec ses doigts, l’animal fait du bruit quand il mange avec ses doigts,
Des doigts qui bougent, des doigts qui avalent les mouches, des doigts qui avalent peu à peu la lune,
La lumière part
Une autre histoire du monstre voleur de dents et du sommeil chaque soir
Le cœur devient noir
Les ongles salissent les mouchoirs
Il entre
Il sort
Putain de merde, de bordel, de saloperie de conard
Il fume trois cigares
Et il mange…
Il mange avec ses doigts 
Doigts, doigts, doigts, doigts, foi, choix, quoi, doigts de monstre
Monstre, monstre, monstre qui chauffe les poumons et qui entre…
Qui entre tout au fond du ventre,
Et ça chauffe
M, ça chauffe
M
Monstre dit les serments
Miroir, miroir, miroir regarde la bouche de l’animal, il ne fait pas du mal, c’est juste qu’il s’est arrêté de faire du bien, un animal qui mange avec ses doigts en paix et qui fait du bruit en paix.
Il se réveille et sort en paix, vers six heures du soir il revient en paix et il dit qu’il est fatigué et s’assoit en paix, il regarde la lune qui se mange par des doigts incontrôlables, il boit de l’eau et dort en paix.
M
Moment
Un moment calme M, M, M
M, l’animal crée le silence,
Il tousse puis silence
Faut se taire, peut-être
Peut-être, faut que ça revienne au centre
Et à part le cœur qui bat encore, il ne faut rien entendre,
Et à part le cœur qui bat encore, faut qu’une petite menace sorte,
Et à part le cœur qui bat encore, faut que la bête sorte,
Et à part le cœur qui bat encore, faut faire du sacrifice,
Et à part le cœur qui bat encore,  faut que l’animal mange son fils, pour faire naitre un autre vice, pour que ça choque tout le monde.
M
Mot
Mort
Magnifique
Merveilleux choc
Faut que ça choque
M.

Khalid EL Morabethi

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